Attendre plutôt que provoquer
Une grande partie de la photographie de paysage consiste à attendre.
Attendre qu’un nuage se déplace. Attendre que le soleil atteigne exactement le bon angle. Attendre que le vent tombe. Attendre qu’un animal décide d’entrer dans le cadre.
Je peux revenir plusieurs fois au même endroit sans déclencher. À l’inverse, certaines de mes photographies sont nées d’un instant qui n’a duré que quelques secondes.
Je cherche des images naturelles, sans fabriquer artificiellement la scène et sans transformer le paysage jusqu’à le rendre méconnaissable.
Le travail de postproduction fait partie de ma pratique, mais il reste au service de ce que j’ai réellement vu et ressenti sur place. Mon objectif n’est pas de créer un monde imaginaire. Il est de restituer l’intensité d’un moment réel.
De la Provence à d’autres territoires
Les Alpes de Haute-Provence restent le cœur de mon travail, mais la photographie m’a progressivement conduit vers d’autres paysages et d’autres formes de vie.
En Camargue, je photographie les chevaux, les taureaux, les flamants roses, les marais et cette impression de mouvement permanent.
Au Japon, mon regard s’est porté sur des paysages plus silencieux, où la nature, l’architecture et les saisons semblent constamment dialoguer.
Au Népal, j’ai travaillé autour de la vie sauvage, des habitants et de territoires très éloignés de ceux dans lesquels j’ai grandi.
Ces voyages ne sont pas une rupture avec mon travail provençal. Ils me permettent au contraire de revenir avec une attention différente. Chaque territoire modifie légèrement ma manière d’observer le suivant